La chair de poule encore présente, je suis ravi de vous partager un compte-rendu de l’événement de danse Juste Debout, qui s’est tenu ce week-end.
Pour sa 20ᵉ édition, célébrant les 25 ans du concept, cette battle emblématique a fait un retour au source triomphal car c’est au mythique Stade Pierre de Coubertin que tout s’est passé cette année.

L’événement proposait des battles 2 vs 2 dans différentes catégories. Les styles « Classics » regroupaient le popping, le locking, la house dance et le hip-hop, tandis que les styles Afro Descendant rassemblaient l’afro, le dancehall, le krump et l’electro. Deux catégories supplémentaires étaient organisées en 1 vs 1 : la catégorie Junior, dédiée aux jeunes prodiges de 8 à 14 ans, et la catégorie Experimental, ouverte aux danseurs sans barrière de style.

L’événement a débuté dès jeudi, laissant deux jours aux juges pour effectuer les présélections. À l’issue de ces qualifications, seuls les 16 meilleurs danseurs des catégories Classics et les 8 meilleurs des autres catégories ont été retenus pour le week-end.
Le week-end a ensuite tenu toutes ses promesses. Les danseurs ont offert des performances impressionnantes, enchaînant les rounds d’une intensité rare.

Mais au-delà des gagnants, de la qualité des battles et des DJ sets, une chose a particulièrement retenu mon attention : le respect des cultures et des communautés.
Organiser une battle réunissant plusieurs styles peut rapidement devenir délicat tant les codes, les histoires et les sensibilités diffèrent. Ce défi a pourtant été relevé avec brio par Bruce Ykanji, fondateur et organisateur de Juste Debout.
Chaque style était représenté par une icône ou un pionnier occupant les rôles de juge et de DJ. En cas d’égalité lors d’une décision, la voix du représentant du style concerné comptait double. Certaines règles étaient également propres à chaque culture. En dancehall, par exemple, les rounds se déroulaient sous forme de question-réponse, laissant à chaque équipe huit temps pour s’exprimer avant que l’adversaire ne réponde. Les styles vestimentaires étaient eux aussi tous pensé en lien avec l’histoire de la danse, donnant lieu à des styles inspirées des années 80 pour le locking, et des vêtements traditionnels en Afro.

La culture du call-out a également été respectée : lorsque des tensions existaient entre deux danseurs, celles-ci pouvaient se résoudre directement sur le dancefloor, à travers une battle de deux rounds où chacun avait droit à une musique issue de son style.
Malgré l’intensité des affrontements, le respect et la non-violence ont toujours dominé. Et c’est précisément ce qui rend cet événement si précieux.
Au final, au-delà des trophées prestigieux, il y avait des vainqueurs mais aucun perdant.
Si vous voulez vous faire une idée de l’ambiance, les qualifications sont déjà disponibles sur la chaîne YouTube de Juste Debout.
Cette chronique marque le début de ma série « Danser à n’en plus marcher ».
Avec Artscape, nous irons à la rencontre d’un maximum d’événements artistiques. Battles, performances, expositions ou créations hybrides pour raconter ce qui se vit réellement sur le terrain.
Parce que parfois, l’art ne se regarde pas seulement.
Il se traverse.

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