Il existe des battles où l’on vient performer.
Et d’autres où l’on vient se dépasser.
La 4ᵉ édition du Battle Mokonzy, organisé à Bruxelles par Bombastik, appartient clairement à cette seconde catégorie. Pensée comme un espace d’expérimentation autant que de confrontation artistique, cette journée a mis les danseurs face à des formats exigeants, et imprévisibles, le tout sur des sonorités Afro
Dès les premiers rounds, le ton était donné.
Un battle construit autour du défi
Que ce soit en 1v1 Afro ou en 2v2 All-style, les participants ont dû s’adapter à des contraintes inhabituelles : danser à l’aveugle, performer en a cappella, ou encore interpréter sur un style de musique Afro imposé par l’adversaire. Ces défis ne sont pas de simples variations de format. Ils obligent les danseurs à sortir de leurs automatismes pour revenir à quelque chose de plus instinctif : l’écoute, la musicalité, la présence.
À ce moment-là, le battle dépasse la performance technique.
Il devient un langage.
Mokonzy : une vision affirmée
Le nom Mokonzy signifie « roi » en lingala. Un choix loin d’être anodin. Il affirme une direction artistique claire : valoriser les cultures Afro comme espace central d’expression, de transmission et de création.
Dans cette édition, les catégories 1v1 Afro se déroulaient exclusivement sur des musiques afro. Les catégories 2v2 All-style, elles aussi dansées sur des sélections afro, ouvraient le terrain à une grande diversité de langages corporels. On pouvait ainsi voir coexister dans un même espace du krump, de la house, ou du dancehall aux côtés du ndombolo, de l’afrohouse, du kuduro, du mbole, de l’amapiano ou encore du coupé-décalé et azonto.
Ce mélange ne diluait pas les styles. Il créait un dialogue.
Une énergie collective avant tout
Au-delà des performances individuelles, ce qui marquait surtout pendant cette édition, c’était l’énergie collective. Une présence forte du public, des DJ et des danseurs qui transformait le battle en véritable espace vivant.
Ce type d’événement rappelle que le battle n’est pas seulement un format compétitif. C’est aussi un lieu de rencontre, d’expérimentation et de circulation des cultures.
Dans une scène comme celle de Bruxelles, ce rôle est essentiel.
Pourquoi documenter ce type d’événement
Avec Artscape, l’objectif est simple : montrer ce qui se vit réellement sur le terrain. Les battles sont des espaces où les styles se croisent, où les artistes se rencontrent et où les projets commencent souvent à exister.
Le Battle Mokonzy en est un exemple très clair.
Cet article continue la série dans laquelle Artscape part à la rencontre d’événements artistiques pour documenter les dynamiques qui font vivre la création aujourd’hui.
Créer. Rencontrer. Avancer.

Comments